PERCÉES (SUR MÉDUSE), 2011
Projet d’installation in situ. Novela 2011, « Artifice, artificiel : de la ruse au robot ».

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Caravage, Méduse, 1558.

Texte de présentation du projet (2011)

Méduse figure la fascination et la stupeur pétrifiantes que visent les œuvres d’art visuel. La ruse de Persée illustre la question du rapport entre l’œuvre et le spectateur. Chez Caravage, le tondo figure et matérialise ce bouclier-miroir devenu bouclier-miroir-tableau où se mêlent sur une même surface le regard, la représentation picturale et l’image spéculaire de Méduse. C’est autour d’un tel jeu rusé (et esthétique) sur des ambivalences perceptives et artificielles que le spectateur sera convié à exercer sa propre ruse. La stupeur, l’effroi, dans le sublime, sont mis à distance. De même, le spectateur de l’installation devrait dépasser le simple stade perceptuel, celui où il verra la lumière pétrifiée, et prendre plaisir à la ruse, au risque de ne rien voir.

Description de l’installation. Deux « percées » circulaires de 1,50m de diamètre, juxtaposées ou se faisant face, renvoient au bouclier et à l’image qu’il reflète : le regard pétrifiant de Méduse.. La lumière utilisée est programmée pour produire des artifices perceptuels parfaitement indécelables par l’œil. La lumière, immatérielle, prend un aspect solide (pétrifié) et se fond avec le mur environnant, puis se liquéfie ou se dématérialise à nouveau, grâce à une manipulation des conditions de perception du spectateur. Elle produit alors des perceptions réelles, quoique totalement « trompeuses ». La programmation des deux « percées », à la fois Méduse et bouclier, jouant sur les rythmes et les alternances de ces phénomènes, explore le rapport spéculaire et conflictuel que le mythe met en scène. Elle déploie d’autres stratégies rusées dont la mètis des Grecs trouvait exemple dans la nature : le nuage d’encre du poulpe, le camouflage, etc. Le spectateur éprouve puis dépasse l’illusion pour que s’instaure une forme de conversation. Il ne s’agit donc pas d’une installation qui se résume à sa dimension ludique fondée sur de simples mécanismes optiques. Les arts visuels, des peintures antiques à nos jours, ont toujours créé des machines à tromper les sens : des artifices rusés suscitant la ruse, dans un jeu mutuel de séduction/déception. Car le projet n’engage pas que la vue. Attiré au plus près du phénomène, comme séduit par la beauté terrifiante de Méduse, le spectateur est tenté de « toucher » la lumière, mais c’est elle qui le saisit…

Matériaux : Deux chambres à lumière, sources de lumière, programme informatique, capteurs.

Configuration spatiale : Deux ouvertures circulaires découpées dans des cloisons et donnant sur des chambres de lumière dont l’éclairage est assuré à l’aide de sources de lumières commandées par ordinateur. L’ensemble est programmé selon une partition qui se développe dans le temps. L’installation réagit à la présence des spectateurs.

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